Lucie Delarue-Mardrus
Horizons
La verdure jaunit comme quelqu’un grisonne,
Voici venir ma belle automne.
Elle entre déjà toute en mon cœur qui l’attend :
Je l’aime tant ! Je l’aime tant !…
Oh ! combien la venue est encore lointaine
De ma future quarantaine !
C’est alors que, pareille à sa tristesse d’or,
Je l’épouserai plus encor.
En moi, comme un fruit mûr à la branche qui plie,
Pèsera mon âme accomplie,
Ma sève aura fini sa joie et ses efforts ;
Et, tous mes rêves étant morts,
Je ne marcherai plus ainsi qu’une étrangère
Dans les feuilles sèches légères…