Lucie Delarue-Mardrus

Septembre

Horizons

La verdure jaunit comme quelqu’un grisonne,

Voici venir ma belle automne.

 

Elle entre déjà toute en mon cœur qui l’attend :

Je l’aime tant ! Je l’aime tant !…

 

Oh ! combien la venue est encore lointaine

De ma future quarantaine !

 

C’est alors que, pareille à sa tristesse d’or,

Je l’épouserai plus encor.

 

En moi, comme un fruit mûr à la branche qui plie,

Pèsera mon âme accomplie,

 

Ma sève aura fini sa joie et ses efforts ;

Et, tous mes rêves étant morts,

 

Je ne marcherai plus ainsi qu’une étrangère

Dans les feuilles sèches légères…