Charles Cros

Sur un miroir

Le Coffret de Santal

Toutes les fois, miroir, que tu lui serviras

À se mettre du noir aux yeux ou sur sa joue

La poudre parfumée, ou bien dans une moue

Charmante, son carmin aux lèvres, tu diras :

 

« Je dormais reflétant les vers, que sur l’ivoire

Il écrivit… Pourquoi de vos yeux de velours,

De votre chair, de vos lèvres, par ces atours,

Rendre plus éclatante encore la victoire ? »

 

Alors, si tu surprends quelque regard pervers,

Si de l’amour présent elle est distraite ou lasse,

Brise-toi, mais ne lui sers pas, petite glace,

À s’orner pour un autre, en riant de mes vers.