Émilie Arnal

Les rochers

Ce soir le vent du nord souffle sur la montagne,

Et de ce tourbillon tout subit la rigueur.

Tel, dans le drame antique, un murmure du chœur,

Le long gémissement d’une voix l’accompagne.

 

De lourds blocs de granit parsèment la campagne :

Ils jaillirent aux jours lointains où fut vainqueur

Le Feu mystérieux qui dévorait au cœur

Et qui broyait aux flancs la Terre, sa compagne.

 

Les noirs roches géants d’un front superbe et fier

Supportent la tourmente ; ils subirent hier

L’assaut qui les rendit pour toujours immuables.

 

Et, comme eux, les humains par la vie emportés

Au choc des passions doivent être heurtés

Avant de se sentir, enfin, inébranlables.