Paul Verlaine

Printemps

Les Amies

Tendre, la jeune femme rousse,

Que tant d’innocence émoustille,

Dit à la blonde jeune fille

Ces mots, tout bas, d’une voix douce :

 

« Sève qui monte et fleur qui pousse,

Ton enfance est une charmille ;

Laisse errer mes doigts dans la mousse

Où le bouton de rose brille.

 

Laisse-moi, parmi l’herbe claire,

Boire les gouttes de rosée

Dont la fleur tendre est arrosée ;

 

Afin que le plaisir, ma chère,

Illumine ton front candide,

Comme l’aube l’azur timide. »