Iwan Gilkin

Le temple

C’est un temple d’onyx, funèbre et colossal,

Cachant dans les forêts ses masses chaotiques ;

Des dragons de fer rouge en gardent les portiques,

Qu’ils voilent de vapeurs d’encens et de santal.

 

Nul profane n’en peut franchir le seuil fatal.

La mort veille sur les grands secrets dogmatiques

Ensevelis au fond des caveaux despotiques

Où l’éternel Savoir fond le Bien et le Mal.

 

Mais dans le plus obscur réduit du sanctuaire

Une rose fleurit, qui jaillit de la pierre,

Si belle, ô fleur d’Hermès, que l’on meurt en l’aimant.

 

Et dans l’épaisse nuit de la crypte profonde

Les prêtres et les rois méditent savamment

Les calembours sacrés qui font aller le monde.