Rosemonde Gérard
Les Pipeaux
Les vieux sont assis sur les bancs
Du square que jaunit l’automne,
Toujours les mêmes, — l’on s’étonne ! —
Sous leurs vieux éternels cabans.
Le massif qui les environne
S’effeuille sur leurs fronts branlants
Tout jaunes aussi par les ans,
Et leur fait comme une couronne.
Et l’on pense à l’hiver sans bleu
Qui va les tenir près du feu,
Le profil doré par les braises, —
Peut-être au printemps sourieur
Qui les asseoira sur des chaises
Au fond des jardinets en fleur.