Alphonse de Lamartine

Le Lac

Méditations Poétiques

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,

Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,

S’envolent loin de nous de la même vitesse

Que les jours du malheur ?

 

Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la

trace ?

Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !

Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,

Ne nous les rendra plus !