Albert Samain

Heures d'été

Au Jardin de l'infante

V

 

Ton menton pose dans ta main ;

Tes lèvres songent, évasives ;

Tes prunelles dorment, pensives,

Sur une branche de jasmin…

 

La bouche brûlant de carmin,

Sous tes parures excessives

Tu prends, dans les ombres massives,

L’air fabuleux et surhumain.

 

Et mon amour qui s’exacerbe

Devant ton silence superbe

Cherche en vain, sans trouver la paix,

 

Ce je ne sais quoi de ton âme,

De ton cœur, de tes sens, ô femme,

Qu’il ne possédera jamais.