Amable Tastu
Verts gazons où fleurit la blanche marguerite,
Ombrage qu’au printemps la violette habite,
Vallons, bocage, humble sentier,
Dont la mousse reçoit cette pluie argentine
Qui tombe au gré des vents du front de l’aubépine
Ou des rameaux de l’églantier.
Prés dont mes jeunes pas foulaient l’herbe penchée,
Bosquets d’arbustes verts, où la source cachée
Jaillit loin des yeux du passant,
Où la brise d’avril, d’une aile printanière,
M’apportait en fuyant à travers la clairière,
L’odeur du feuillage naissant ;
Bords féconds et chéris, frais et riant théâtre,
Où, la lyre à la main, ma jeunesse folâtre
Ouvrit le drame de mes jours,
Parfois quand du sommeil mes nuits sont délaissées
Votre image s’éveille, et des scènes passées
Je crois recommencer le cours.