Jeanne Scrive

Désert céleste

Mais il est aussi des trous d'ombre,

Gouffres étranges et maudits,

Qui font trembler les plus hardis

Au bord de l'immensité sombre.

 

Dans un abîme inattendu,

Où rien ne vit, où rien ne reste,

L'esprit, errant au bois céleste,

S'arrête et recule éperdu !

 

Souvent, pendant la nuit entière,

J'ai fouillé le désert lointain

Croyant, dans un rêve incertain,

Y découvrir un cimetière :

 

Le champ des astres mort aux cieux,

Tués par la haine divine,

Et dont nul ici ne devine

L'horrible vol silencieux.