Maurice Rollinat

La vipère

Pauvre serpent, montre ta tête

Aplatie et triangulaire.

Par ce soleil caniculaire

Dors en paix, formidable bête !

 

Tu siffles comme une tempête,

Mais j’ai pitié de ta colère.

Pauvre serpent, montre ta tête

Aplatie et triangulaire !

 

C’est bien doux qu’ici je m’arrête :

Sans te bénir, je te tolère,

Car aujourd’hui l’amour m’éclaire,

Et j’en ai l’âme toute en fête.

Pauvre serpent ! montre ta tête !