Alfred Garneau
Tant qu’au fond de nos cœurs nous aimerons la gloire,
Les grands jours de notre passé ;
Tant que nous garderons, fils pieux, la mémoire
De tout nom noble et pur qu’en souriant l’Histoire
Sur ses tables d’or a tracé ;
Tant que par leurs parfums Dieu voudra que, dans
l’ombre,
Se trahissent de loin les fleurs ;
Que la Reconnaissance ira, dans l’enclos sombre,
Gémissante, au milieu de monuments sans nombre,
Mouiller une croix de ses pleurs ;
On ne t’oubliera pas, doux vieillard au front grave !...
– Pendant qu’auprès du saint parvis
Le pauvre offre pour toi sa prière suave,
L’Ange du souvenir, sur la tombe en fleurs, grave :
« Nul n’a plus aimé son pays ! »