Auguste Barbier
Sombre quatre-vingt-treize, épouvantable année,
De lauriers et de sang grande ombre couronnée,
Du fond des temps passés ne te relève pas !
Ne te relève pas pour contempler nos guerres,
Car nous sommes des nains à côté de nos pères,
Et tu rirais vraiment de nos maigres combats.
Oh ! Nous n’avons plus rien de ton antique flamme,
Plus de force au poignet, plus de vigueur dans l’âme,
Plus d’ardente amitié pour les peuples vaincus ;
Et quand parfois au cœur il nous vient une haine,
Nous devenons poussifs, et nous n’avons d’haleine
Que pour trois jours au plus.