Georges Rodenbach

En des quartiers déserts de couvents et d'hospices

En des quartiers déserts de couvents et d'hospices,

Des quartiers d'exemplaire et stricte piété,

Je sais des murs en deuil vieillis sous les auspices

D'un calvaire où s'étale un christ ensanglanté :

 

Plantée en ses cheveux, la couronne d'épines

Forme un buisson de clous, -le corps est en ruines,

Livide, comme si la lance, l'éraflant,

Avait jauni de fiel sa chair inoculée ;

 

Les yeux sont de l'eau morte ; et la plaie à son flanc

Est pareille au coeur noir d'une rose brûlée...

- Oeuvre barbare et sombre où le supplicié

Pend sur le bois noueux d'un gibet mal scié.