Alfred Abousleiman

Vie

Cendres chaudes

Le tout petit bouton de rose

Qui me parle de sa candeur

S'ouvre lentement sur mon cœur

Elle a voulu qu'il y repose.

 

Oh ! la douce métamorphose !

Il est si candide et si beau

Et plus frais qu'une goutte d'eau

Et plus pur qu'une sainte chose.

 

Il est si frêle , que je n'ose

Trop le toucher, trop le sentir.

Je crains tant de le voir mourir,

Lorsque mon doigt sur lui se pose.

 

La rose qui fit mon bonheur,

N'ayant plus l'ardeur qui transporte,

Se dessèche hélas ! et se meurt

Parmi les feux et les langueurs

Et les émois de toute sorte...

 

La rose est morte sur mon cœur.

Dois-je jeter la rose morte ?