Louise Colet

Les illusions dont toujours je me berce

Fleurs du Midi

Oui, les illusions dont toujours je me berce

En vain leurrent mon cœur d’un espoir décevant ;

Impassible et cruel le monde les disperse,

Ainsi que des brins d’herbe emportés par le vent.

 

Et moi, me rattachant à ma fortune adverse,

J’étouffe dans mon sein tout penser énervant ;

Malgré mon désespoir et les pleurs que je verse,

Je crois à l’avenir, et je marche en avant !

 

Pour soutenir ma foi, j’affronte le martyre

Des sarcasmes que jette une amère satire

À mon rêve d’amour le plus pur, le plus cher !

 

On peut tailler le roc, faire mollir le fer,

Fondre le diamant, dissoudre l’or aux flammes,

Mais on ne fait jamais plier les grandes âmes !