Adolphe Hardy

Vieille auberge

Sous les monts boisés d’où la lune émerge,

Baignant d’or bleuâtre un sentier de houx,

Vers l’étang s’affaisse, entre les joncs roux,

Le chaume moussu de la vieille auberge.

 

L’automne a tendu de fils de la Vierge

Son pampre indocile, aux longs sarments fous,

Enfeuillant la vase où les crapauds doux,

Dans le clair obscur flûtent sur la berge.

 

Quel peintre a rêvé plus frappant tableau

Que ce chaume antique allongeant sur l’eau

L’ombre de sa vigne et de ses lézardes ?

 

Telle une humble vieille au dos harassé

Mire, au tain lépreux d’un miroir cassé,

Sa face ridée et ses pauvres hardes...