Anna de Noailles

Danse

Les Éblouissements

Quel miroitement de l’éther

Où vibre une chaude cadence !

Je t’offre les splendeurs de l’air,

Ô Bacchus, fils de Jupiter,

Dieu passionné pour la danse !

 

Les oiseaux, d’un vol vif et dur,

– Flèches qu’un arc secret élance, –

Caressent le front du jour pur,

Fondent dans les bains de l’azur,

Pâlissent dans la nue immense !

 

Sous les espaces arrondis,

La terre, bleuâtre fumée,

Par ses aromes attiédis

Soupire vers le paradis.

– Et toi mon âme, âme enflammée,

 

Dépasse aussi les arbres verts,

Déchire la molle buée,

Sois le parfum du ciel ouvert,

La cymbale de l’univers

Et la danseuse des nuées !