Nina de Callias

L'employé

Feuillets Parisiens

Le petit employé de la poste restante

Vient tard à son bureau, son allure est très lente.

Il s’assied renfrogné sur son fauteuil en cuir,

Car il sait qu’aux clients il lui faudra servir

Les lettres, les journaux à timbre coloriste

Et même les mandats ! — Cet homme obscur est triste.

Il se dit, en flairant un billet parfumé,

Qu’il ne voyage pas, et qu’il n’est pas aimé,

Que son nom composé de syllabes comiques

N’est jamais imprimé dans les feuilles publiques.