Marie Huot

Le Derviche

Le Missel de Notre-Dame des Solitudes

Un soir de Ramadan, suivant l'ombre d'un chat

Et des odeurs d'oignon l'appétissant phosphore,

Il s'était faufilé dans la cour du pacha

Et priait, en riant, sous un vieux sycomore.

 

Certain, il attendait qu'un bakchich trébuchât

Entre ses maigres doigts à l'ongle insectivore,

Que l'écuelle pleine et chaude s'approchât,

Et que l'eunuque noir lui présentât l'amphore.

 

Car le Prophète enjoint à tout bon mulsuman

D'acquitter, selon ses récoltes et son champ,

L'aumône coranique, afin que Dieu l'exauce ;

 

Réprouvant celui-là, dont le mauvais accueil

Incite le Derviche à cracher sur le seuil,

Après avoir reçu quelque piastre fausse...