Eudore Évanturel
Premières poésies
Ce homme s’était fait tuer par le tonnerre.
Tout le jour, un vent d’ouest avait soufflé de terre.
Il pleuvait. La tempête ébranlait le logis.
Les enfants grelottaient et poussaient d’affreux cris
J’avançai. Le cadavre avait la face noire.
À la cloison pendait un crucifix d’ivoire ;
Pas de feu. La misère et le deuil à la fois.
L’ouragan descendait de la cime des bois,
Et, courant vers les flots, semblait vouloir les tordre.
Le vieux chien se dressa sous le lit pour me mordre.
J’eus peur.