Anna de Noailles

Été

Les Éblouissements

Vents bleus ! sourires de l’espace !

Au fond des cieux polis et durs

L’azur, l’azur poursuit l’azur,

Un flot léger sur l’autre passe…

 

Ah ! quelle suave stupeur !

Chaleur éclatante, sonore.

– Entends-tu, dans la grande aurore,

Ce bruissement du bonheur ?

 

Quel brûlant orgueil me soulève !

L’univers, le sublime été,

Ont-ils dormi dans mon côté

Comme Adam portait le corps d’Ève ?

 

Azur divin ! Jour créateur !

Ô Jupiter, ton aile insigne

S’ébat près de moi, mon beau cygne !

Un monde coule de mon cœur…