Adolphe Hardy
En mai, dans la splendeur calme des crépuscules,
J’aime à voir, par les prés fleuris de renoncules,
Les heureux de vingt ans s’égarer, pas à pas,
Tandis que, demeurés au village, là-bas,
Sous les lilas en fleurs et les roses trémières,
Les vieilles et les vieux, au seuil de leurs chaumières,
Se rassemblent en rond et jasent du bon temps
Où, dans leur beau pays de forêts et d’étangs,
Leurs premières amours, un soir de mai, sont nées,
Voilà de ça cinquante ou bien soixante années...