Alphonse de Lamartine

Les Préludes

Nouvelles Méditations Poétiques

Beaux lieux, recevez-moi sous vos sacrés ombrages !

Vous qui couvrez le seuil de rameaux éplorés,

Saules contemporains, courbez vos longs feuillages

Sur le frère que vous pleurez.

 

Reconnaissez mes pas, doux gazons que je foule,

Arbres que dans mes jeux j’insultais autrefois ;

Et toi qui loin de moi te cachais à la foule,

Triste écho, réponds à ma voix.

 

Je ne viens pas traîner, dans vos riants asiles,

Les regrets du passé, les songes du futur :

J’y viens vivre, et, couché sous vos berceaux fertiles,

Abriter mon repos obscur.