Eudore Évanturel

Voyage

Premières poésies

Dis, veux-tu t’en venir avec moi ? Nous irons

N’importe où tu voudras, puisque la terre est ronde.

Promène tes beaux doigts sur la carte du monde,

Et cherche un paradis où nous nous aimerons.

 

Veux-tu, nous partirons aux premiers jours d’automne,

Avant, petite, avant que les arbres soient nus ?

Nous partirons avant que les froids soient venus,

Pareils à deux voleurs — sans le dire à personne.

 

On s’enquerra de nous et l’on nous cherchera.

— Où sont-ils ? À la ville où bien à la campagne ?

Je préfère la France, et toi, dis-tu, l’Espagne ?

Eh bien, soit ! en Espagne, allons nous cacher là.

 

Nous trouverons là-bas un endroit solitaire,

Un gazon que personne encor n’aura foulé ;

Un éden où jamais le soleil n’est voilé.

 

Ô le rêve bâti dans un jet de lumière !