Lucie Delarue-Mardrus

Vitres - II - D'été

Horizons

Le jardin vague et vert contre la vitre aqueuse

Y figure un immense et trouble aquarium

Qui contient l’océan du ciel ; et l’onduleuse

Frondaison où s’étoile un vif géranium

Y berce des rameaux avec toutes leurs ombres

Au rythme submergé des madrépores sombres…

 

Prise par l’attirante illusion des eaux,

Je poserai mon front sur la vitre marine

Et serai la sirène enroulée aux coraux

Noués par mille bras à sa pâle poitrine,

Qui, prisonnière, rêve à la félicité

D’avoir royalement troué l’immensité,

Pour surgir au soleil couchant qu’elle salue

D’un signe de sa tête humide et chevelue.