Georges Rodenbach

Quand on rentre chez soi, délivré de la rue

Comme les yeux de la chambre, pleins de reproche

Pour celui qui chercha dehors un bonheur vain ;

Et les plis des rideaux, qu'un frisson lent rapproche,

Semblent parler entre eux de l'absent qui revint.

 

La chambre fait accueil ; et le miroir lucide

Pour l'absent qui s'y mire, est soudain devenu

Son portrait-grâce à quoi lui-même il élucide

Tant de choses sur son visage mieux connu,

 

Des choses de son âme obscure qui s'avère

Dans ce visage à la dérive où transparaît

Son identité vraie au fil nu du portrait,

Pastel qui dort dans le miroir comme sous verre !