Georges Rodenbach
Et vous êtes mes soeurs, âmes des bons reclus
Et novices du ciel chez les visitandines,
Ames comme des fleurs et comme des sourdines
Autour de qui vont s'enroulant les angélus
Comme autour des rouets la douceur de la laine !
Et vous aussi, mes soeurs, vous qui n'êtes en peine
Que d'un long chapelet bénit à dépêcher
En un doux béguinage à l'ombre d'un clocher,
Oh ! Vous, mes soeurs, - car c'est ce cher nom que l'église
M'enseigne à vous donner, soeurs pleines de douceurs,
Dans ce halo de linge où le front s'angélise,
Oh ! Vous qui m'êtes plus que pour d'autres des soeurs
Chastes dans votre robe à plis qui se balance,
Ô vous mes soeurs en notre mère, le silence !