Marie Huot
Le Missel de Notre-Dame des Solitudes
Dans un couchant d'or fauve et de cuivre rouillé,
Le convoi tournoyant des noires hirondelles,
Avec des cris stridents s'essaime à tire-d'ailes,
Cependant que du soir tombe le drap mouillé,
Là-bas, sur le dos las des coteaux endeuillés,
Dominant l'étang glauque, où coasse et sautèle
La grenouille effarée au plongeon des sarcelles,
Entre les nénuphars et les joncs quenouillés,
D'un clocher tombent, lents, de longs glas mortuaires
Rappelant toute chose à l'ultime repos ;
Et, sous le jour blafard qui leur fait un suaire,
Des spectres appeleurs agitant des rameaux
Télégraphient dans l'air des nouvelles funèbres
Que comprennent le pâtre et l'oiseau de ténèbres.