Alphonse de Lamartine

Les Préludes

Nouvelles Méditations Poétiques

Que ce calme lui pèse ! Ô lyre ! ô mon génie !

Musique intérieure, ineffable harmonie,

Harpe que j’entendais résonner dans les airs

Comme un écho lointain des célestes concerts,

Pendant qu’il en est temps, pendant qu’il vibre encore,

Venez, venez bercer ce cœur qui vous implore !

Et toi qui donnes l’âme à mon luth inspiré,

Esprit capricieux, viens, prélude à ton gré !

 

Il descend ! il descend ! La harpe obéissante

A frémi mollement sous son vol cadencé,

Et de la corde frémissante

Le souffle harmonieux dans mon âme a passé.