Alfred Garneau

Nous passâmes au bois

Nous passâmes au bois, dans des sentes, peu sûres

En hiver – vu les loups –, ravissantes l’été.

Ce ne sont que bouleaux ébauchant des voussures

D’où tombe, en nappe sombre, une verte clarté.

 

Là dévale le bois aux penchants d’une gorge ;

En bas glisse un ruisseau, dont les miroirs brillants,

Dans cette ombre piqués comme d’un feu de forge,

Brasillaient au milieu des roseaux sommeillants.