Iwan Gilkin

Le miroir magique

Ville immonde, cloaque où coasse, la fange

Aux dents, la lèpre au ventre, un peuple de carcasses

Fétides, grimaçant les vieux rites cocasses,

Quel magique miroir me creuse un ciel étrange ?

 

Pur acier, vierge azur ébloui d’un vol d’ange,

Lumière ivre où s’endort la paix des ailes lasses,

Ô mon cœur, aigle amer, c’est l’air clair où tu chasses

Tes songes éployant leur chantante phalange.

 

Hors du subtil mirage où l’avenir m’attire,

Tous ces baisers ailés de leur rose sourire

Mourront, flasques et vains, sous ma bouche déçue.

 

Sorcières ! Le bonheur prévu n’a plus de joie !

Et nulle chair future en image conçue

N’assouvira ma faim d’une idéale proie.