Anne de Marquets

Sonnets spirituels

II

 

Afin que le Soigneur nous soit doux et propice

Alors qu’il nous viendra pousser au dernier port,

Ayons toujours en main pour conduite et support,

Avec l’ardente foi, les œuvres de justice.

 

Hé ! qui pourrait penser le tourment, le supplice,

L’angoisse, la frayeur, le regret et remord.

Qu’ont ceux qui, se voyant accablés de la mort.

Sont vides de vertus et remplis de tout vice ?

 

Las ! nous n'emportons rien que les biens ou méfaits

Dont la vie ou la mort pour jamais nous demeure.

Tous ces biens donc qu’alors nous voudrions avoir faits,

 

Pour n’être point surpris, faisons-les dès cette heurt.

Et ne nous promettons jamais de lendemain.

Car tel vit aujourd’hui qui sera mort demain.