pavel de Suresnes
La chambre claire
Les mots ourlés comme les désirs
croisés tête-bêche et dénudés
s’alignent et s’incurvent
sans jamais isoler
la figure ni arrêter
un profil
Dans les vides
des gestes-seconde
j’entrevois le glissement des
images mais à peine révélées
que déjà lumière
dérive
L’espace
inscrit dans la figure
s’anamorphose joue
des pleins et des vides
comme bon lui semble
Toi-même
au fond du lit
Tu as déjà changé de forme
Et ta figure se déplie
Tel ce papillon de nuit
dont les ailes ne verront pas
plus d’année-lumière
Que ton maquillage
fébrile quand de la poudre
mise à feu
Le pigment migre où il veut
Le vide
du plein d’hier se colore et
fait sa mue
Du grain de peau au grain
de pierre