Marie Huot

Le Rebelle

Le Missel de Notre-Dame des Solitudes

Jéhovah, dieu jaloux dont, jadis, je fus l'oint,

Avant qu'il fût des jours, des temps et des annales,

Avant qu'il fût des mers, des races animales

Et des désespérés pour te montrer le poing :

 

Vois, vois ! de ton soleil mon astre n'est pas loin !

L'enfant sacré du Pinde, en sa verve idéale,

A suspendu mon rêve au front des cathédrales

Où ton apothéose à la mienne se joint.

 

Le divin Instinctif sait que ma face noire

Est le tragique envers de ta face de gloire

Et que nous avons droit, tous deux, au même rang !

 

Notre lutte éternelle eut pour champ clos son âme,

Et quand il nous chanta dans la cité de flamme,

S'il t'a placé plus haut, il m'a fait, moi, plus grand !