Amable Tastu

A M. Victor Hugo

Heureux qui, dans l’essor d’une verve facile,

Soumet à ses pensers un langage docile ;

Qui ne sent point sa voix expirer dans son sein,

Ni la lyre impuissante échapper à sa main,

Et cherchant cet accord, où l’âme se révèle,

Jamais n’a dû maudire une note rebelle !…

Hélas ! ce n’est pas moi !… D’un cri de liberté

Jamais comme mon cœur mon vers n’a palpité ;

Jamais le rhythme heureux, la cadence constante,

N’ont traduit ma pensée au gré de mon attente ;

Jamais les pleurs réels à mes yeux arrachés

N’ont pu mouiller ces chants de ma veine épanchés.