Marie Huot

Perversité

Le Missel de Notre-Dame des Solitudes

Hommes, dont les désirs s'enroulent à ma traîne,

Mascarons grimaçants du fastueux décor

Où je promène, ainsi qu'une faulx souveraine,

L'impassibilité des tristes et des forts :

 

Je veux que vos regards, attentifs à la gaine

Où se meut chastement la tige de mon corps,

Ardent, lorsque je passe, et fassent à ma haine

Un soleil de poignards et de javelots d'or !...

 

Car je veux encenser de vos concupiscences

Le dieu, plein de mystère et de magnificence,

Qui mit en moi l'attrait et l'amour de l'écueil,

 

Et, dans le cœur amer de la magicienne,

Ce besoin d'éveiller vos âmes anciennes,

— Ces âmes de pourceau, chères à mon orgueil ! —