Iwan Gilkin

Princes

Par les prés pâles et languides

Bleuis de livides colchiques,

Adolescents mélancoliques

Nous enlaçons nos chairs morbides.

 

Bras assoupis, bouches torpides,

Langueurs des caresses mystiques,

Nos douces têtes extatiques

S’épuisent en baisers perfides.

 

Des opales aux frêles doigts !

Et sur les lèvres et leurs fièvres

Les améthystes d’autres lèvres !

 

Mais sur nos fronts d’enfants de rois

De lourds lauriers crépusculaires

Pleurent les gloires séculaires.