Alphonse de Lamartine

Les Préludes

Nouvelles Méditations Poétiques

Ô vallons paternels, doux champs, humble chaumière

Au bord penchant des bois suspendue aux coteaux,

Dont l’humble toit, caché sous des touffes de lierre,

Ressemble au nid sous les rameaux ;

 

Gazons entrecoupés de ruisseaux et d’ombrages ;

Seuil antique où mon père, adoré comme un roi,

Comptait ses gras troupeaux rentrant des pâturages,

Ouvrez-vous, ouvrez-vous ! c’est moi.

 

Voilà du dieu des champs la rustique demeure.

J’entends l’airain frémir au sommet de ses tours ;

Il semble que dans l’air une voix qui me pleure

Me rappelle à mes premiers jours.

 

Oui, je reviens à toi, berceau de mon enfance,

Embrasser pour jamais tes foyers protecteurs.

Loin de moi les cités et leur vaine opulence !

Je suis né parmi les pasteurs.