Adolphe Hardy

À la sanguine

Octobre s’est ouvert les veines dans les bois

Et son sang, goutte à goutte, éclabousse d’or rouge

L’eau glauque de la mare où pas un jonc ne bouge

Et l’ombre des sentiers qui pleurent d’autrefois.

 

Les arbres que l’été revêtait d’émeraude

Laissent choir, par lambeaux, leurs haillons cramoisis.

Sorbes, faînes et glands, au pied des troncs moisis,

Jonchent l’ornière humide où l’écureuil maraude.

 

Un léger brouillard mauve ouate au loin les airs

Où le soleil orange entres les pins détonne

Et fait s’harmoniser à ce pastel d’automne

Le ciel gemmé d’un fin semis de rubis clairs