Pierre François Lacenaire

Le dernier chant

La vertu !... n'est-ce pas une longue imposture

Qui dérobe le riche au fer de l'indigent ?

On n'en demande pas à l'opulence altière,

On en dispense le pouvoir,

Le pauvre seul est tenu d'en avoir.

Pauvre à toi la vertu ! Pauvre à toi la misère.

 

A nous le vice et la vie à plein verre !

Vous ! mourez sans vous plaindre : est-ce pas votre sort ?

Mourez sans nous troubler ou vous êtes infâmes.

J'ai saisi mon poignard et j'ai dit, moi : de l'or !...

De l'or avec du sang... de l'or et puis des femmes

Qu'on achète et qu'on paye avec cet or sanglant.

Des femmes et du vin... un instant je veux vivre...

Du sang... du vin... l'ivresse... attendez un instant

Et puis à votre loi tout entier je me livre...

Que voulez-vous de moi ? vous parlez d'échafaud ?

Me voici... j'ai vécu... j'attendais le bourreau.