Théophile Gautier
Premières Poésies
J’étais parti, voyant le ciel limpide et clair
Et les chemins séchés, afin de prendre l’air,
D’ouïr le vent qui pleure aux branches du mélèze,
Et de mieux travailler : car on est plus à l’aise,
Pour méditer le plan d’un drame projeté,
Refondre un vers pesant et sans grâce jeté,
Ou d’une rime faible, à sa sœur mal unie,
Par un son plus exact réparer l’harmonie,
Sous les arbres touffus inclinés en arceaux
Du labyrinthe vert, quand des milliers d’oiseaux
Chantent auprès de vous, et que la brise joue
Dans vos cheveux épars et baise votre joue,
Qu’on ne l’est dans sa chambre, un bureau devant soi,
S’étant fait d’y rester une pénible loi