Adolphe Hardy

Pensée d'avril

Plaignons ceux qui, fuyant de fidèles amours,

Se lassent d’être heureux au même nid toujours,

Et qui, papillons fous, musant de rose en rose,

Trouvent l’oubli charmant, la constance morose,

Et, l’âme inattentive aux voix des souvenirs,

S’étourdissent sans cesse en de nouveaux plaisirs.

Pourtant, jamais en eux la gaîté ne fait trêve :

Si quelque amour perdu dédore, un soir, leur rêve,

L’amour du lendemain s’en vient le redorer...

Et le retour d’avril ne les fait point pleurer !