Louisa Siefert

La Cure

Rayons perdus

C’est un vieux cimetière étroit, pauvre, rustique,

Où d’humbles croix de bois, lugubre floraison,

Se détachent en noir sur le vert du gazon.

Puis une église avec un auvent pour portique,

Dont le petit clocher montrant le ciel du doigt,

Par un mouvement doux s’accoude sur le toit.

 

Adossée à l’église & plus modeste encore

La cure : une fenêtre avec un rideau blanc,

Un pot de basilic, un volet chancelant,

Au devant un jardin qu’un seul rosier décore

Et que ferme une claie, aux vieux ais vermoulus

Qui depuis bien longtemps ne se rejoignent plus.

 

Le tout calme, discret, charmant, mélancolique ;

Quelques saules pleureurs, un ou deux peupliers

Et comme fond, là-bas, de gros & grands noyers.

Pas une âme d’ailleurs sur le sentier oblique,

Qui fuit le long du mur & des buissons chétifs :

Seule, la rêverie y marche à pas furtifs.