Antoinette Des Houlières

Les moutons

Hélas ! petits moutons, que vous êtes heureux !

Vous paissez dans nos champs, sans souci, sans alarmes.

Aussitôt aimés qu’amoureux,

On ne vous force point à répandre des larmes ;

Vous ne formez jamais d’inutiles désirs.

Dans vos tranquilles cœurs l’amour suit la nature ;

Sans ressentir ses maux, vous avez ses plaisirs.

L’ambition, l’honneur, l’intérêt, l’imposture,

Qui font tant de maux parmi nous,

Ne se rencontrent point chez vous.