Albert Lozeau

L'aube

C'est l'aube. Les oiseaux l'annoncent sur la branche.

La première clarté du jour, vaguement blanche,

D'un horizon s'étend, lente, à l'autre horizon.

A la ville, tout dort encor dans la maison.

Un filet rose, qu'un grand pan de ciel écrase,

S'élargit doucement, puis de pourpre s'embrase.

Au milieu d'une mare immense d'or sanglant

L'astre paraît royal et monte rutilant.

Le jour est né. Des bruits circulent dans la rue.

Une hirondelle au ciel profond est apparue,

Pendant que tout s'éveille et que vibre, lointain,

Le premier angelus en l'air frais du matin..