Alphonse de Lamartine
Méditations Poétiques
Le soir ramène le silence.
Assis sur ces rochers déserts,
Je suis dans le vague des airs
Le char de la nuit qui s’avance.
Vénus se lève à l’horizon ;
À mes pieds l’étoile amoureuse
De sa lueur mystérieuse
Blanchit les tapis de gazon.
De ce hêtre au feuillage sombre
J entends frissonner les rameaux :
On diroit autour des tombeaux
Qu’on entend voltiger une ombre.