Maurice Rollinat

La mort du cochon

Moi, qui l’avais vu si petit,

Je fus tout chagrin de sa perte,

Et cette pauvre masse inerte

Ne m’inspira nul appétit.

 

Lorsque chacun se divertit

Et festoya dans l’herbe verte,

Moi, qui l’avais vu si petit,

Je fus tout chagrin de sa perte.

 

Mais la porchère compatit

À son sort, dans la cour déserte,

Car, en voyant sa bête ouverte,

Ce sanglot de son cœur sortit :

« Moi qui l’avais vu si petit ! »