François Coppée

Prisonnier d’un bureau

Prisonnier d’un bureau, je connais le plaisir

De goûter, tous les soirs, un moment de loisir.

Je rentre lentement chez moi, je me délasse

Au cri des écoliers qui sortent de la classe ;

Je traverse un jardin, où j’écoute, en marchant,

Les adieux que les nids font au soleil couchant,

Bruit pareil à celui d’une immense friture.

Content comme un enfant qu’on promène en voiture,

Je regarde, j’admire, et sens avec bonheur

Que j’ai toujours la foi naïve du flâneur.